Prendre le temps, c’est enfin arrivé pour François et moi la semaine passé, du 11 au 18 novembre. Pendant ces 8 jours, nous avons pris le temps de découvrir le Ghana autrement que par le biais de notre projet, cet environnement devenu si familier après 10 semaines à le côtoyer 7 jours par semaine, que ce soit sur le site ou à la maison. Prendre le temps de respirer un air différent de celui de Tamale, c’est ce que nous avons fait en visitant la côte, passant d’abord par Accra, la capitale du Ghana. Nous nous sommes rapidement dirigé vers Cape Coast, où l’on retrouve l’un des plus gros forts d’exportation d’esclaves au courant du 17e et du 18e siècle. Ce moment fut fort en émotion pour nous, mais plus particulièrement pour des dizaines et des dizaines d’Afro-Américains qui visitent chaque jour ce lieu à la recherche de leurs origines, souvent effacées par la colonisation européenne. L’horreur humaine ne cessera jamais de nous surprendre. Notre destination finale fut Akwidaa, un petit village de pêcheurs loin de tout. Le climat est complètement différent, tropical et beaucoup moins sec qu’à Tamale où la saison sèche commence.  

Coucher de soleil sur la plage de Cape Coast

Cette semaine nous a définitivement éclairée sur l’attachement que nous avons développé pour les gens que nous côtoyons à chaque jour. À notre retour à Tamale, l’accueil fut très chaleureux.

Pont de Akwidaa

Comme notre retour au Québec approche à grand pas, j’ai coutume de me projeter dans le futur, dans ce monde qui me semble si lointain. Comme si l’Afrique était maintenant rendu plus normale, que le climat sec était plus logique pour le mois de novembre. Les interactions que j’ai avec les locaux sont bien différentes de celles que j’ai au Québec, l’humour est différent et les sujets de conversation sont très souvent étrangers. Je penses souvent à ma terre natale, évidemment enneigée, et les morceaux ne s’alignent pas totalement dans mon esprit. J’anticipe déjà que certaines habitudes que j’ai développées ici seront encore visibles. Pour les curieux de ce monde, voici quelques exemples :

  • Mon anglais oral est maintenant teinté d’un drôle d’accent afro-québécois. Pardonnez-moi d’avance, c’est le seul moyen de se faire comprendre ici (Idéalement, l’accent serait seulement africain, mais le québécois est difficile à faire partir… bon).
  • Tous les échanges avec une autre personnes, que ce soit pour donner ou recevoir un objet ou de l’argent doivent se faire avec la main droite. En cas d’impossibilité de se conformer à cette règle, il suffit de dire “Sorry for the left”, ceci évitant de nombreux malaises.
  • L’équipe du GCIUS a développé son vocabulaire en Dagbani, la langue locale. Attendez-vous à recevoir quelques cours de notre part. Voici quelques mots de base, francisés pour faciliter la lecture, que nous utilisons la majorité du temps :
Dassiba Bon matin
Anne-tirri Bonne après-midi
Aniula Bonsoir
Naaaaa (Homme) / Nnnaaaaa (Femme) Réponse aux 3 précédents
Karri bé wula Comment vas-tu?
Tuma bé wula Comment va le travail?
Paha bé wula Comment va ta femme?
Alafé Très bien
Dè soo Bien
Albirra As-tu bien dormi?
Gombienné J’ai bien dormi
Nawuni ni ti biow Que Dieu te donne demain

(Bonne nuit, à demain)

Nawuni son Que Dieu te bénisse
Nawuni son tuma Que Dieu bénisse ton travail
Ami Amen

Pour en savoir plus sur la construction (qui va bon train d’ailleurs), ce sera dans le prochain article qui sera disponible au courant de la semaine. Gardez l’oeil ouvert!

François sur un pont suspendu du Kakun National Park

Jordan Laroche