Dans un monde où les ressources sont limitées et où la vitesse du temps est inflexible, nous ne faisons pas exception. Ces règles absolues s’appliquent aussi à nous, nous limitant dans l’influence que nous pouvons avoir avec les ressources monétaires et temporelles que nous possédons. La moitié du temps s’est déjà écoulée et le réalisme a entièrement sa place. Au niveau de l’échéancier, il devient très évident qu’il sera impossible de réaliser tout le bâtiment avant la fin du séjour. Ce constat vient avec beaucoup de réflexions très pertinentes, nous amenant à réfléchir à ce que nous voulons laisser après notre départ. L’opinion est unanime, il faudra couper des sections du bâtiment de manière stratégique pour qu’il reste fonctionnel et pour être en mesure de tout réaliser avant notre départ. L’ouverture d’esprit et la compréhension sont au cœur des échanges.

Le chantier avance !

Soyons honnêtes, cette éventualité est envisagée depuis longtemps, depuis bien avant notre départ. Les inconnus sont nombreux et tellement d’évènements inattendus peuvent survenir. Avant notre arrivée au Ghana, nous n’avions en notre possession qu’un plan du bâtiment ainsi qu’un estimé budgétaire approximatif. L’édition 2018 du GCIUS n’est pas la première à être confrontée à ce genre de défis, où les dépenses imprévues et les délais involontaires viennent impacter l’avancement du projet. Semaine après semaine, prenant de plus en plus connaissance de la réalité du terrain et de ses engrenages, nous en sommes rendu à ce point.

Machine servant à fabriquer les blocs

Dans un autre ordre d’idées, cette solution reste la meilleure envisageable. En effet, nous préférons bien plus léguer un bâtiment complet, mais plus petit, qu’un bâtiment incomplet avec les dimensions initiales. La fonctionnalité et la pérennité sont deux atouts auxquels nous nous référons constamment. Des discussions ont présentement lieux avec nos partenaires pour discuter de la meilleure option à envisager. Après tout, les personnes qui se serviront de ce lieu sont les mieux placées pour reconfigurer le bâtiment d’une façon qui leur convient. Au niveau de la construction, les fondations sont terminées, la fabrication de blocs hydraformés est solidement entreprise (Environ 5000 de faits sur 8000) et le bétonnage des colonnes est entamé.

Vue rapprochée sur les blocs hydraformés

Ne faisant pas exception à la réalité de la coopération internationale, soit celle qui nécessite adaptation et flexibilité, le mandat de Laurie, responsable communautaire, a également été réorienté et précisé dans la dernière semaine. Il consiste toujours à mobiliser la communauté et à impliquer les femmes dans tous les aspects du projet, mais il s’oriente désormais davantage sur la recherche et la collecte de données afin de documenter l’absence des femmes dans les programmes professionnels et techniques, largement dominés par les hommes. L’analyse qui découlera de cette recherche sera ensuite partagée avec nos partenaires, notamment la Tamale Technical University, afin d’initier des stratégies encourageant les femmes à s’inscrire dans ces programmes et permettant ainsi de favoriser une meilleure représentativité. Utilisant cette réorientation comme une source de motivation, Laurie a par ailleurs eu l’occasion de rencontrer un chercheur de la Tamale Technical University cette semaine ayant publié une étude sur l’amélioration de la participation des filles dans les programmes professionnels et techniques. Pour plus d’informations, voici le lien vers l’étude: https://ephjournal.com/index.php/er/article/view/379/359

Vue rapprochée sur une colonne

La seule façon de savoir jusqu’où l’on peut aller, c’est de se mettre en marche… et c’est bien lorsque nous marchons en dehors du chemin qui était tracé que les apprentissages les plus riches et marquants se présentent à nous !

Jordan Laroche et Laurie Bernier-Beaupré