Qu’est-ce que l’Afrique vue du Québec? Pour moi, c’était la pauvreté, les gens sous-alimentés, le manque d’éducation, la collusion, la chaleur . La majorité de ces éléments se sont avérés vrais, mais en une tout autre mesure que je l’aurais imaginé.

La pauvreté matérielle, certes, mais la richesse morale, la générosité et la débrouillardise viennent sans aucun doute contrebalancer le tout. Envoyer la main à un enfant Malawite, ça a l’air d’avoir le même effet que de donner un X-BOX à un jeune Canadien. Ça fait leur journée.

La sous-alimentation, du moins au Malawi, est semi-visible. Plusieurs aliments sont vendus à des prix très abordables, mais ce n’est pas le cas des protéines. Cependant, les gens ne meurent apparemment pas de faim, même si étudier et travailler sans viance ni substitut n’est pas humainement acceptable. Nos travailleurs piochent plus fort que des machines et ne mangent que matin et soir. Justement une des raisons pourquoi la productivité n’est pas au rendez-vous tous les jours.

Le manque d’éducation est présent, mais de moins en moins. Voir des jeunes enfants courir dans la rue et s’amuser, c’est rafraichissant, jusqu’à temps de se rendre compte qu’on est un jour de semaine et qu’ils devraient plutôt être sur un banc d’école. Les écoles primaires sont rendues gratuites; Free primary. Jusqu’à la première journée d’école où les parents doivent donner mille kwachas pour que leur enfant entre dans la classe. Les écoles secondaires (pour ceux qui y accèdent) ne sont pas gratuites et plusieurs parents n’ont pas les moyens d’offrir ce luxe à leurs enfants. Il est bien de voir de plus en plus groupes de support qui payent les frais de scolarité à plusieurs centaines d’élèves par année dans les écoles! Continuez, c’est dans la bonne voie.

La collusion, quant à elle, est pire que je le croyais. Je n’ai rencontré aucun Malawite qui nous ait dit avoir confiance en leur gouvernement. Selon leurs dires, les projets menés par le gouvernement n’aboutissent jamais alors que les baraques des ministres et ex-présidents se font toujours de plus en plus grosses (et toujours hors Malawi, évidemment). Plusieurs étaient réticents quant au développement de notre projet à notre arrivée, croyant que nous sommes affiliés au gouvernement d’ici. Nous avons dû leur expliquer longuement que nous gérons l’argent nous-mêmes et que personne autre que nous ne peut prendre de décision quant à l’avancement de la construction.

La chaleur, c’est comme je l’imaginais. Chaud le jour, et chaud la nuit.

Vincent