L’expérience GCIUS au Malawi est commencée depuis maintenant deux semaines. En effet, après avoir séjourné à Lilongwe, la capitale nationale, nous avons pris le chemin vers le village où nous allons réaliser notre projet de construction : Liwonde. J’anticipais cette escale de 300 kilomètres en auto, même s’il existe une seule voie de roulement, même si les extrémités de voie sont plutôt des pistes cyclables improvisées, même si ces cyclistes doivent harmoniser leur déplacement avec les piétons… C’est un chaos organisé et habituel. Alors, pourquoi cette anticipation ? C’était pour introduire ma conscience aux scènes rurales du Malawi. Avec une vitesse de roulement modérée pour assurer une sécurité relative, croyez-moi, ce n’est pas le temps qui allait manquer pour observer chaque détail !

Notre conducteur se nomme Lawrence. Il travaille au sein du WUSC dans le département des finances ; c’est mon acolyte malawite ! À mes yeux, il n’est pas seulement notre conducteur. Il symbolise la population du Malawi. C’est quelqu’un d’extra-extraverti ! Je suis plutôt intraverti. Son approche humaine est naturelle ! Je suis plutôt gêné. C’est un choc des personnalités que j’essaie de gérer aux meilleures de mes capacités. Après tout, c’est une des raisons qui m’a poussée à faire partie de cette édition du GCIUS : sortir de ma zone de confort. Il existe tout de même quelques aspects caractériels qui nous unissent. Le plaisir de sourire en fait partie, mais le plus rassembleur est assurément le désir d’échanger culturellement. La curiosité culturel est réciproque ce qui engendre des conversations enrichissantes.

Ça fait seulement quelques minutes que nous roulons et déjà, le paysage est choquant. À peine sortie de la capitale, la pauvreté est omniprésente. L’écart des richesses est surprenant. De village en village, c’est les mêmes images qui défilent à travers une vitre d’auto poussiéreuse : des maisons rarement finies, des puits ponctuels achalandés, des déchets éparpillés sur le sol et des odeurs désagréables. Cependant, ce n’est pas ces détails que j’ai trouvés choquants puisque ceux-ci étaient prévisibles. C’est le contraste entre cette pauvreté apparente et la joie quotidienne qui fait réfléchir ! Laissez-moi donc corriger la précédente énumération descriptive. De village en village, c’est les mêmes images qui défilent à travers les discussions animées : de simples maisons, des femmes s’entraidant aux puits, des enfants qui jouent au soccer indépendamment de la chaleur et des montagnes sublimes qui sont éclairées par un soleil éclatant. C’est apaisant de côtoyer le bonheur malgré des conditions difficiles, très difficiles. Ce contraste important est pour moi un choc culturel qui affecte mes philosophies à plusieurs niveaux.

En arrivant à Liwonde, je suis fatigué, mais heureux parce que le début de la construction approche à grands pas ! Même si on débute notre aventure, ma famille me manque. Une chance qu’on forme une belle équipe de futurs ingénieurs ; c’est à mes yeux une deuxième famille qui se complète. Chacun possède ses atouts. De nature calme, comptez sur moi pour être attentif d’un point de vue personnel, mais aussi d’un point de vue culturel !

Tendrement

PH