Il y a deux semaines, quelqu’un est passé qui a amené bien des changements dans notre projet, soit M. Thomas Granier, co-fondateur de l’Association Voûtes Nubiennes (AVN), ONG franco-burkinabé qui promeut les voûtes nubiennes comme alternative aux habitats conventionnels en parpaing tôle. C’est ce type de bâtiment qui  été retenu pour notre projet de silos de conservation pour oignons car ses murs très épais ainsi que sa toiture voûtée en brique de terre séchée  offre plus de fraîcheur. Depuis sa fondation en 1998, plus de 1070 voûtes ont été construites partout au pays, grâce à leur technique de vulgarisation et de promotion du bâtiment, du travail très bien fait qui les a amenés à répandre ses activités à d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest (Le Sénégal, le Mali, la Mauritanie, le Bénin et le Ghana).

Samedi matin 9h00, on a une rencontre planifiée avec lui directement sur le chantier. On est arrivé comme à l’habitude sur notre tricycle bleu, un peu en retard. M. Granier était bien prêt à notre arrivée, un bon discours de 30 minutes de sa part  sur tout ce qu’il y avait à changer et à améliorer sur nos bâtiments : Augmenter l’épaisseur des murs, Faire un deuxième étage, enlever les salles sur le côté de notre bâtiment. Bref, beaucoup de points auxquels on n’avait tout simplement pas pensés. Les travaux ont momentanément été arrêtés…

Le débat a continué autour du deuxième étage et s’est continué avec et sans lui jusqu’à deux jours après cette rencontre. Les avantages de cette solution étant une meilleure protection thermique en toiture et la possibilité d’y installer l’abri du gardien et les bureaux de la coopérative. Pour des raisons financières principalement, le second étage a été oublié mais nous avons toutefois planifié l’un des bâtiments avec des murs plus épais pour qu’il puisse monter en étage éventuellement. Nous travaillerons aussi sur une alternative de protection du toit.

Ça prend de l’humilité et de l’écoute pour changer ses plans comme ça alors que les travaux eux-mêmes étaient déjà commencés. Il était minuit moins une…

Francis Poisson-Gagnon