Dans un projet, il faut quelques fois revenir sur nos décisions afin d’assurer sa bonne réalisation. La semaine dernière nous avons eu une assemblée générale avec la coopérative maraichère d’Ouonon afin de s’entendre sur l’implication des bénéficiaires dans la réalisation du projet. Bon d’accord, on a eu DEUX assemblées générales, la première étant ajournée pour non-atteinte du quorum… Un classique des structures démocratiques. C’est ainsi que vendredi dernier, nous nous sommes présentés à la mairie pour participer à la rencontre.

Sur le chemin, j’ai remplis ma bouteille d’eau d’un litre de jus de tamarin qu’une dame vendait dans la rue (En y ajoutant un comprimé désinfectant pour l’eau). C’était bien bon mais avec un goût plutôt bizarre. Myriam ne voulait pas s’asseoir à côté de moi à cause de la mauvaise odeur du jus… Peu importe, retournons au sujet du billet.

Revenons à l’assemblée générale, Il y avait près de 50 personnes dont le maire de la Commune de Gomponsom, qui se démarque par son éloquence à chaque fois qu’on le croise. La rencontre se déroulait en Mooré (langue d’ici), le tout était traduit par notre homologue Ouahabou, on pouvait ainsi intervenir de temps en temps. Nous avons insisté sur le fait qu’une bonne implication de tous les bénéficiaires permettrait l’atteinte de l’objectif de construction de 4 bâtiments. Ce qu’on leur demandait : 16 bennes de cailloux sauvages quelque chose comme 176 charrettes de terre de construction ainsi que 22 manœuvres. Ça peut sembler beaucoup, mais, VOILA, c’est ce qu’il faut. Ils nous ont dit qu’il n’y avait aucun problème pour fournir tout ceci sauf pour les manœuvres, il n’y en aura que 4 qui proviendront de chacun des villages de la Commune. Pour le reste, le GCIUS s’en occupe. On a finit vers midi et demi, juste à temps pour la prière musulman.

Nous avons donc dû revenir sur notre plan initial de construire 4 bâtiments en parallèle ce qui aurait permis à notre équipe de voir la réalisation finale avant notre départ. Le tout étant impossible avec les délais que nous avions et les moyens financiers que nous possédons. Après la réunion avec le président de la SEMUS le lundi, nous nous sommes entendus sur la réalisation du projet en 2 phases. Premièrement, le début de la réalisation de 2 grandes voûtes dès le début du mois d’octobre et la réalisation d’une petite voûte au mois de novembre. Pour la quatrième, nous verrons plus tard, lorsque nous aurons réduit les imprévus et bien maitrisé la construction de voûtes nubiennes.

Lorsqu’on arrive ici, on a l’impression de forcer beaucoup les choses pour que ça avance même si ce n’est pas la meilleure période de l’année. Si on revient sur le projet 2012, c’était hors de l’ordinaire de creuser des puits après la saison des pluies. Pour notre projet, c’était plutôt aventureux de demander une quantité importante de manœuvre à des agriculteurs en pleine campagne maraîchère… Le mieux c’est de n’être pas trop pressé et délaisser notre orgueil de vouloir à tout prix voir le projet finalisé à 100%.

Ah, pour revenir au jus de tamarin, j’ai appris quelques jours après que ce n’était finalement pas du jus de tamarin mais du dolo, soit un alcool de mil fermentée. J’ai passé la totalité de l’assemblée générale à être un peu étourdi en me disant que c’était probablement la fatigue…

Francis Poisson-Gagnon