Je n’ai jamais été un fan de soccer. De un, parce que les buts surviennent généralement durant le troisième solstice d’été, juste avant que Mars et Mercure soit en maison Jupiter, de deux, parce que je suis poche.

Sauf que parfois, il faut savoir donner une deuxième chance, et quoi de mieux qu’un séjour de quatre mois  au Burkina Faso pour effectuer ma thérapie.

Je venais de finir mon riz sauce lorsque j’ai entendu la foule crier au loin. Pour ne rien vous cacher, avant le diner, j’avais reçu l’info que la finale de la ligue locale se tiendrait cette après-midi-là. Je m’étais préparer mentalement, je pris mon courage à deux mains et me jetai à l’eau.

Le terrain est à deux pas de chez moi, juste en face de l’école primaire. Le terrain est différent, le soccer est tout aussi différent.

Le soleil tape fort au Burkina, le gazon ne pousse pas. On ne parle plus de soccer mais de football, du football sur terre battue. Pas de crampons non plus, pas de protège tibia, on parle de football de mâle. On se tacle et on ne pleure pas. Cette version du soccer commence à me plaire.

Le soleil change position, il se tient désormais à l’horizon, voilà la mi-temps. Et le pointage, 0-0. Là je reconnais le soccer. J’ai chaud, j’ai soif et rien ne se passe. Je décide donc de partir vers chez moi. Le match recommence. Ce n’est pas grave mais… aussitôt le terrain hors de ma vue : BUUUUUT! Cri la foule, me rappelant que j’ai triché dans ma thérapie, que mon karma va rester mauvais, que je n’accéderai pas au Valhala.  Merde.

J’avais le temps pour regarder le match au complet, et me voilà de retour à la case départ, mais maintenant avec un doute sur moi-même… j’ai trouvé le soccer mâle.

Thanh Nguyen