Je n’étais pas né quand l’émission avec Macgyver tournait sur les ondes. Le personnage légendaire est arrivé dans mon Univers quand une parodie a été faite sous le nom de Macgrubber.  L’homme se mets les pieds dans les plats, mais solide, pour finalement s’en sortir avec un trombone et un élastique.

Le principe du point A au point B peut être interprété de plusieurs façon. Think outside the box. Les Burkinabé l’ont compris. En absence de bitume, l’autoroute de campagne est faite de terre battue. Par respect pour les poules, le chemin va contourner leurs nids. En théorie et en pratique, le chemin préférentiel va aplanir le sol, offrant une belle single track. Mais c’est la théorie et la pratique du monde normal. Dans mon monde à moi, quand je suis en vélo, une bosse, un nid de poule ou un tronc d’arbre  ne doit pas être contournés, ce serait une perte de temps.

Le Burkina Faso ma encore une fois rappeler les règles locales. Faut prendre le temps. Je clanchais sur la route de gomponsom, utilisant ma propre théorie du principe A-B, pour que la mésaventure commence. Nid de poule, bosse et tronc d’arbre, rencontrés dans le désordre, mon pneu arrière qui m’abandonne…

Bon. Prendre le temps qui disait. Je le prends en ce moment, je le prends immobile et patient comme un sage, un homme en habit de sage plutôt, bouillant de colère à l’intérieur, proche de mon orgueil d’homme. Je gosse sur le vélo, je ne suis pas Macgyver. Je n’ai ni trombone ni élastique. Je bouille en saluant tout le monde, Ney ybeogo jusqu’à Ney Zabré. Mon orgueil refuse les transports.

Ah, voilà Gomponsom! Je vais trouver mon salue dans la boutique de vélo à côté de la SEMUS.

-Combien la chambre à air?

-800. Réponds le petit qui met de la peinture chrome sur les jantes d’un vélo.

-Tu l’installe aussi?

-Oui, enchaine le petit gars qui n’arrête pas de répéter Nassara à ses amis.

Il prend le contrôle de mon vélo pendant que je surprends mon visage en train de faire une grimace perplexe. La pompe à vélo n’a pas d’adapter pour ma chambre à air, et ça l’air vraiment compliqué défaire une roue sur ces vélos dont les freins ne sont pas comme au Canada.

Encore une fois, le petit continu de rire de mon visage froissé d’interrogation. Il comprend mon ignorance et du coup, fouille dans sa poche pour en sortir… un élastique. Il l’enroule autour du tube de la pompe la rendant désormais one size fit all. Burkina Macgyver vient de réparer mon vélo, en 5 minutes, pour 800 FCFA.

Je reprends le vélo, sans grandes cérémonie je reprends la route de Gomponsom. Le vélo est A1. Je roule, je lévite même au-dessus de la route. Mon élan de bonheur ne fait qu’atteindre son paroxysme que je retrouve mon ennemi juré étendu sur la route. Les nids de poule. Je dois le confronter. Je m’élance à toute allure, je vais le prendre par surprise. 15, 20,25 km/h… Stop!

C’Est mon cerveau qui me dit de ralentir, le temps se dilate et je réussi à contourner les trous. C’Est une véritable libération, je vois ma vie en accélérer. Tous les moments durant lesquels je faisais des flats à vélo me réapparaisse à l’esprit. Le trou est loin derrière moi. Ma vitesse est fluide. Mon passé trouble s’efface tranquillement, me laissant entrevoir un futur clair, exempt de flat.

Merci Burkina Faso, et surtout, merci Burkina macgyver.

Thanh Nguyen